Journal de sortie de Ces histoires qui arrivent #12 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #12

🇫🇷 Laura Antonietto, libraire à la Librairie du Théâtre National de la Danse-Chaillot, a lu Ces histoires qui arrivent, et a écrit ce très beau texte.

🇮🇹 Laura Antonietto, libraia alla Librairie du Théâtre National de la Danse-Chaillot, ha letto Ces histoires qui arrivent, e ne ha scritto questo bel testo.

 

Ces histoires qui arrivent bien entourées chez Sauramps à Montpellier (photo de S.M.)

Ces histoires qui arrivent, c’est d’abord et avant tout cette mythique ligne de tramway – le 28 – qui traverse Lisbonne comme une ligne de vie géographique, la colonne vertébrale littéraire du récit de Roberto Ferrucci, dont les arrêts figureraient‎ la ressouvenance de moments partagés avec le grand écrivain et cher ami disparu, Antonio Tabucchi.

Car dès le début, nous voici talonnant le narrateur et sa compagne dans ce 28 jaune comme le soleil, par une torride journée d’été, bercés par le défilement de l’espace, se fondant parmi les Lisboètes comme Tabucchi le fit dans sa ville d’adoption.

Le tramway s’ébranle donc sur le chemin de ce pèlerinage, secouant son échine, serpent mécanique divaguant au gré des souvenirs, dlinn dlinn‎.

Et tout devient alors pour l’auteur distrait prétexte à digressions, à arrêts sur image, à allers et retours dans le temps et l’espace‎, à narration à rebours de ses rencontres – parfois fortuites – avec l’écrivain, à citation de ses oeuvres: un reflet dans une vitre, la foule, une photo prise à la dérobée, une publicité… et toujours le dlinn dlinn du tramway – devenu vert – menant à son terminus à une place au café dont le réfrigérateur est rouge.‎

Jaune, vert, rouge, des couleurs qui claquent comme le drapeau du Portugal au vent du Tage.

‎A l’instar de cette palette éclatante, Roberto Ferrucci parvient à nous dépeindre ‎l’intensité d’une amitié aussi étincelante que l’est et le restera le rayonnement de l’oeuvre d’Antonio Tabucchi, dans une langue blanche comme la page de coton laissée sur la stèle de l’ami, comme la toile du peintre, et l’émotion affleure. Immaculée. Eternelle.

Sur cet écran, Roberto Ferrucci projette des images comme restituées, naïves, de souvenirs qui s’enchaînent, se mêlent, se répondent.

En architecte du temps, l’auteur nous prend à revers dans ces tiroirs temporels entre temps physique et littéraire.

Dans l’entretemps se glisse, subrepticement, le facétieux fantôme du cher disparu.

Ces histoires qui demeurent.

Leggi questo post in e-bookLeggi questo post in e-book


Also published on Medium.