Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #7 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #7

🇫🇷 De Ces histoires qui arrivent, Éditions La Contre Allée:

🇮🇹 Da Ces histoires qui arrivent, Éditions La Contre Allée:

🇫🇷 Prendre le tramway numéro 28, à Lisbonne, c’est – je me répète – comme prendre le vaporetto numéro 1 à Venise. L’un comme l’autre la proie de touristes et d’habitants, mais nous, le 1, nous le prenons continuellement, nous traversons Venise sur le Grand Canal malgré le chaos, malgré les attentes, eh bien voilà, nous sommes dans le 28, prêts à traverser une Lisbonne étincelante (Pereira prétend avoir fait sa connaissance par un jour d’ été. Une magnifique journée d’ été, ensoleillée, venteuse, et Lisbonne qui étincelait), à la traverser comme deux touristes, engloutis par le tourisme de masse ici comme à Venise, voilà, mais qui voudraient être des habitants, au moins pour quelques jours. Y habiter comme Antonio Tabucchi l’a fait dans beaucoup de villes d’ Europe, y vivre, conscients nous aussi du fait que, comme il aimait à le répéter, poser les pieds sur le même sol pendant toute sa vie peut provoquer une dangereuse équivoque, nous faire croire que cette terre nous appartient, comme si elle n’était pas prêtée, alors que tout est prêté dans la vie.

🇮🇹 Prendere il tram 28, a Lisbona, è – di nuovo – come prendere il vaporetto numero 1 a Venezia. Entrambi preda di turisti e di residenti, ma noi l’1 non smettiamo di prenderlo, attraversiamo Venezia lungo il Canal Grande nonostante il caos, nonostante le attese, e allora eccoci qui, sul 28, pronti ad attraversare una Lisbona sfavillante (Sostiene Pereira di averlo conosciuto in un giorno d’estate. Una magnifica giornata d’estate, soleggiata e ventilata, e Lisbona sfavillava.), attraversarla come due turisti, inghiottiti dal turismo di massa qui come a Venezia, sì, che però vorrebbero essere residenti, almeno per qualche giorno. Risiedere come ha fatto lui, Antonio Tabucchi, in tante città d’Europa, viverle, consapevoli anche noi che, come lui amava ripetere, posare i piedi sul medesimo suolo per tutta la vita può provocare un pericoloso equivoco, farci credere che quella terra ci appartenga, come se essa non fosse in prestito, come tutto è in prestito nella vita.

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