Amandine Dhée et La Contre Allée 


Il y a un passage du magnifique livre de Jean Echenoz, Jérôme Lindon (Minuit, 2001), où Echenoz raconte comment son éditeur avait l’habitude de partager le montant des prix littéraires de ses auteurs avec le reste du catalogue.

Et, pour en finir sur ce point, ceci. Lorsque Jean Rouaud reçoit le prix Goncourt en 1990, nous sommes un certain nombre d’auteurs de la maison à recevoir une lettre de Jérôme Lindon nous informant que ce succès, à ses yeux, ne serait pas complet si nous n’y participions pas. Cette lettre est accompagnée d’un chèque dont je ne me rappelle plus le montant, mais dont je me souviens qu’il est tout à fait substantiel. Neuf ans plus tard, quand je recevrai ce prix à mon tour, il procédera de même avec les autres.

Je cite ce passage parce que pour moi, comme je l’ai déjà écrit, Benoît Verhille est le nouveau Jérôme Lindon.

Maintenant qu’il a obtenu le Prix Hors Concours avec Amandine Dhée, pour son merveilleux roman La Femme Brouillon, loin de moi l’idée de lui demander d’en faire autant. (Il le fera très certainement le jour – proche – où La Contre Allée sera devenue une des plus prestigieuses maisons d’éditions d’Europe). Je veux simplement dire que, si le prix décerné à Amandine est le prix pour un grand roman et une grande écrivaine, il est également un prix décerné à tout le catalogue de La Contre Allée.

Cette maison d’édition est en train de tracer un parcours littéraire brillant, nouveau et inédit, que j’ai l’honneur de partager d’un peu loin et dans une autre langue. Tous les auteurs de la Contre Allée font partie d’une équipe, une très belle équipe qui jouera très bientôt dans la Ligue des Champions de la Littérature.

Un grand merci donc à Amandine Dhée d’avoir écrit La femme brouillon, et d’être à nos côtés dans ce formidable catalogue, merci aussi à Benoît, Marielle, Anna, Anna, Justine et Lauriane, qui « font » La Contre Allée.

De gauche à droite : Anna Fichet, Thomas Giraud, Roberto Ferrucci, Anna Rizzello, Isabel Alba, Julien Orange, Michèle Ortuno, Sophie G. Lucas, Amandine Dhée, Sara Rosenberg, Pablo Martin Sanchez, Marielle Leroy, Alfons Cervera, Benoît Verhille, Régis Penalva et Juliana Stoppa. Hors champ, nous pensons très fort à Anne-Laure Brisac, Christos Chryssopoulos et Georges Tyras.

Mostar, 8/11/1993 – 29/11/2017

Dal luglio 1992 fino alla primavera 1998 ho lavorato a Tele Capodistria. Ho collaborato a varie trasmissioni, ma di una in particolare sono stato autore e regista per più di tre anni: Achtung baby!, un programma di cultura giovanile che, in un modo del tutto anti mainstream, ha raccontato la guerra nella ex Jugoslavia attraverso le immagini che arrivavano dai vari fronti, attraverso interviste a intellettuali, scrittori, giornalisti, registi, attraverso letture, canzoni, documenti. Lo scrittore Gianfranco Bettin è stato spesso ospite di quella trasmissione, in particolare quando, nel 1994, uscì da Feltrinelli il suo libro Sarajevo Maybe. Un libro importante e prezioso per capire quanto e cosa sia successo in quegli anni nella ex Jugoslavia. Un libro che ho avuto il piacere di ripubblicare nel 2015 nella collana digitale Collirio, che dirigo per l’editore Terraferma. Un libro sempre attuale, ma che oggi, dopo quanto accaduto ieri al Tribunale dell’Aja, lo è ancora di più. Per la copertina, Alessandra Crosato (editor di Terra Ferma) e io, abbiamo scelto, d’accordo con l’autore, il disegno del Ponte di Mostar, lo Stari Most. Le immagini della sua distruzione, l’8 novembre 1993, sono vive nella memoria di tanti, uno sfregio alla Storia, un crimine nei confronti dell’umanità intera, certo meno grave e cruento degli stermini di massa che caratterizzarono quella guerra, ma simbolo di una violenza cieca e inaudita che credevamo cancellata per sempre dal cuore dell’Europa. Credevamo, e non lo crediamo più, perché certe forme estreme, violente, criminali, sono più che mai evidenti anche in questi giorni, basti pensare al blitz nazifascista di Como, al consenso crescente di certi gruppuscoli di estrema destra. La distruzione del Ponte di Mostar resterà per sempre il simbolo dell’intolleranza becera e violenta, che vuole dividere, spaccare, che vuole imporre la supremazia di pochi criminali. Oggi, quella pagina nera della Storia, ha un volto e un nome, quelli del criminale di guerra, ex generale croato di Bosnia, Slobodan Praljak, suicidatosi in diretta al momento della sentenza che lo condannava a 20 anni di carcere. Non provo alcuna pietà, lo confesso, per quest’uomo, responsabile non solo del bombardamento dello Stari Most, ma di una serie inaudita di omicidi e violenze verso civili inermi. E così, ieri, sono andato a rileggermi Sarajevo Maybe, di Gianfranco Bettin. In particolare le pagine dedicate al Ponte di Mostar, che allego qua sotto. Libro che potete trovare qui se avete un iPad, qui se avete un Kobo, e qui se avete un Kindle. Buona lettura.



Dal libro Sarajevo Maybe, di Gianfranco Bettin (Feltrinelli, 1994 – Terra Ferma, 2015)

Tornato da Mostar, Davide mi raccontò, più o meno, queste cose. Solo, con più scoramento, con più pessimismo di quanto traspariva dal suo reportage.

«È irreparabile…» disse. «Ciò che si è spezzato laggiù non si potrà aggiustare. E anche ciò che qui, invece, non si è spezzato: l’indifferenza, lo stare a guardare commossi, nel migliore dei casi. Questo sì che doveva rompersi. Invece niente. Solo ignavia, ipocrisia».

Quando giunse la notizia che a Mostar il ponte era stato abbattuto mi telefonò.

«Sono peggio che pazzi», disse: «Sono sani di mente e insani di cuore».

Poi recitò una frase, un verso: «Questo ponte è come il semicerchio dell’arcobaleno. Esiste qualcosa di simile al mondo, mio Dio?»

La frase è incisa in una pietra posta a fondamenta del ponte nel 1556, anno in cui se ne iniziò l’edificazione, su progetto dal persiano Hairudin, conclusasi dieci anni dopo.

«Era un bel tipo questo Hairudin», disse Davide «La notte prima che il ponte fosse inaugurato se ne andò da Mostar senza dire niente a nessuno. Forse temeva che non stesse in piedi, tolte le imbracature, che fosse troppo audace quell’unica linea di pietra che s’inarca a schiena d’asino tra le due sponde della Neretva. Chissà…»

Per 427 anni lo Stari Most ha resistito a tutto, proseguì: per 427 anni, e poi arriva una testa di cazzo in divisa, anzi un’intera armata di teste di cazzo e sotto i nostri occhi, ripresa dalle nostre telecamere, ritrasmessa dai nostri satelliti in tutto il mondo, può bombardarlo tranquillamente e sprofondarlo nel fiume.

Journal de sortie de Ces histoires qui arrivent #13 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #13

🇫🇷 Samedi 18 novembre, au Cinéma Panthéon, organisée par l’association Anteprima de Paolo Modugno, il y a eu la projection di film Diaz, don’t clean up this blood, de Daniele Vicari. Le film c’était l’occasion de présenter aussi Ces histoires qui arrivent. Antonio Tabucchi a écrit sur les événement du G8 de Gênes 2001, pas seulement dans la préface de mon roman Ça change quoi (aujourd’hui insérée dans son livre Di tutto resta un poco) mais surtout dans son livre Au pas de l’oie. Le film, que j’ai vu pour la troisième fois, a été encore une fois un moment très fort, qui a renouvelé la rage et l’indignation, qui m’a ramené encore une fois dans le ruelles de Gênes, qui m’a fait respirer encore une fois le gaz empoisonnés que la police a lancé sans cesse dans ces jours-là. Et puis, les violences gratuites, les tortures criminelles perpétrées à des innocents. Le débat qui a fait suite à la projection du film a été très émouvant et indigné.

À l’occasion, Daniele Vicari a envoyé une vidéo d’introduction pour saluer les spectateurs du Panthéon. 

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Après, on a essayé d’adoucir les blessures de la mémoire à la Librairie du Panthéon, où, autour d’un verre offert par la Mel (Maison des Écrivains et de la Littérature), j’ai dédicacé Ces histoires qui arrivent. Marc, le libraire, tiendra toujours dans cette belle librairie des exemplaires de mes livres, donc qui a envie de découvrir mon œuvre française, sait où aller avec la certitude de trouver mes romans. Là, entre une dédicace et l’autre, d’un verre et l’autre, on a parlé de littérature, de Antonio Tabucchi, de cinéma, de l’Italie.

Mais il y a une autre  librairie qui m’est très chère et où je vous invite à passer demain, 21 novembre 2017, à 19h30. C’est la librairie Tour de Babel, au Marais, où il y aura la première présentation du livre avec mon ami (et très cher ami de Antonio Tabucchi) Fortunato Tramuta, le libraire. La Tour de Babel était un des endroits préférés de Antonio, et c’est lui qui m’a introduit Fortunato. Chaque sortie d’un de mes livres a son « vernissage » là, en rue du Roi de Sicile.

Journal de sortie de Ces histoires qui arrivent #12 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #12

🇫🇷 Laura Antonietto, libraire à la Librairie du Théâtre National de la Danse-Chaillot, a lu Ces histoires qui arrivent, et a écrit ce très beau texte.

🇮🇹 Laura Antonietto, libraia alla Librairie du Théâtre National de la Danse-Chaillot, ha letto Ces histoires qui arrivent, e ne ha scritto questo bel testo.

 

Ces histoires qui arrivent bien entourées chez Sauramps à Montpellier (photo de S.M.)

Ces histoires qui arrivent, c’est d’abord et avant tout cette mythique ligne de tramway – le 28 – qui traverse Lisbonne comme une ligne de vie géographique, la colonne vertébrale littéraire du récit de Roberto Ferrucci, dont les arrêts figureraient‎ la ressouvenance de moments partagés avec le grand écrivain et cher ami disparu, Antonio Tabucchi.

Car dès le début, nous voici talonnant le narrateur et sa compagne dans ce 28 jaune comme le soleil, par une torride journée d’été, bercés par le défilement de l’espace, se fondant parmi les Lisboètes comme Tabucchi le fit dans sa ville d’adoption.

Le tramway s’ébranle donc sur le chemin de ce pèlerinage, secouant son échine, serpent mécanique divaguant au gré des souvenirs, dlinn dlinn‎.

Et tout devient alors pour l’auteur distrait prétexte à digressions, à arrêts sur image, à allers et retours dans le temps et l’espace‎, à narration à rebours de ses rencontres – parfois fortuites – avec l’écrivain, à citation de ses oeuvres: un reflet dans une vitre, la foule, une photo prise à la dérobée, une publicité… et toujours le dlinn dlinn du tramway – devenu vert – menant à son terminus à une place au café dont le réfrigérateur est rouge.‎

Jaune, vert, rouge, des couleurs qui claquent comme le drapeau du Portugal au vent du Tage.

‎A l’instar de cette palette éclatante, Roberto Ferrucci parvient à nous dépeindre ‎l’intensité d’une amitié aussi étincelante que l’est et le restera le rayonnement de l’oeuvre d’Antonio Tabucchi, dans une langue blanche comme la page de coton laissée sur la stèle de l’ami, comme la toile du peintre, et l’émotion affleure. Immaculée. Eternelle.

Sur cet écran, Roberto Ferrucci projette des images comme restituées, naïves, de souvenirs qui s’enchaînent, se mêlent, se répondent.

En architecte du temps, l’auteur nous prend à revers dans ces tiroirs temporels entre temps physique et littéraire.

Dans l’entretemps se glisse, subrepticement, le facétieux fantôme du cher disparu.

Ces histoires qui demeurent.

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #11 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #11

🇫🇷 Hier, jour du Prix Goncourt et du Prix Renaudot, j’ai reçu ce très beau message de l’écrivaine Simonetta Greggio, autrice des plusieurs romans, en particulier Dolce vita, publié chez Stock en 2010. Simonetta, italienne, originaire de Padoue, écrit ses livres en français. Merci, Simonetta, pour ce  Grand Prix Personnel. 

🇮🇹 Ieri, giorno dei premi letterari Goncourt e Renaudot, ho ricevuto questo bel messaggio della scrittrice Simonetta Greggio, autrice di molti romanzi, in particolare Dolce vita, pubblicato da Stock nel 2010 (e in Italia da Colla editore l’anno successivo). Simonetta, italiana, di Padova, vive da molti anni in Francia e scrive i suoi libri in francese. Grazie, Simonetta, per questo Grande Premio Personale.

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #10 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #10

🇫🇷 Marseille est une ville qui m’est très chère. J’y ai vécu deux mois (octobre 2013, avril 2014) en résidence d’écriture à Villa La Marelle, invité par le directeur littéraire – et grand ami – Pascal Jourdana. C’est donc important pour moi avoir des retours de cette ville, et grâce à la blogueuse et critique littéraire Sophie Maglia (son blog s’appelle Les P’tites Notes), voici son expérience de lecture de Ces histoires qui arrivent. Encore une fois, la chose qui me touche particulièrement c’est le sentiment immédiat que la lecture a provoqué : lire ou relire Antonio Tabucchi. C’est surtout pour ça que j’ai écrit ce livre. 

🇮🇹 Marsiglia è una città che mi è molto cara. Ci ho vissuto due mesi (ottobre 2013, aprile 2014) in residenza di scrittura a Villa La Marelle, invitato dal direttore letterario – e grande amico – Pascal Jourdana. È allora importante per me avere notizie da quella città, e grazie alla blogger e critica letteraria Sophie Maglia (il suo blog si chiama Les P’tites Notes), ecco la sua esperienza di lettura di Ces histoires qui arrivent. Ancora una volta, la cosa che mi fa più piacere è il sentimento immediato alla fine della sua lettura: leggere o rileggere Antonio Tabucchi. È soprattutto per questo che ho scritto questo libro. 

Ces histoires qui arrivent, bien entouré à la librairie L’Odeur du Temps, à Marseille (Photo de S.M.)

Eh bien moi, aujourd’hui, j’ai voyagé avec Roberto Ferrucci à Lisbonne. Après un petit café avec mon amie Gessica de La Bibliothèque italienne, je me suis rendue à la librairie L’Odeur du temps où j’ai trouvé Ces histoires qui arrivent, le dernier livre de mon ami italien, publié par les éditions La Contre Allée. Une fois la Canebière remontée, puis le cours Franklin Roosevelt, je me suis installée sous les rayons de ce soleil de fin octobre qui pénétraient dans mon appartement et c’était parti. Direction Lisboa !

Un voyage à Lisbonne

Dans Ces histoires qui arrivent, Roberto Ferrucci a choisi d’évoquer son amitié avec Antonio Tabucchi, le grand écrivain italien tombé amoureux de la langue portugaise, expatrié à Lisbonne. Pour ce faire, l’écrivain vénitien s’est rendu sur les traces du maître. À bord du tramway numéro 28, il traverse « une Lisbonne étincelante », observant des scènes de rue, s’amusant des reflets du visage de sa compagne sur la vitre, fouillant sa mémoire, laissant remonter à la surface les souvenirs de ses rencontres avec Tabucchi. Un passage par le cimetière, inévitable, fera naître quelque inquiétude, tant la présence de l’ami disparu semble alors s’imposer à son esprit. Et pourtant, ce qui pour l’auteur revêt l’importance d’un pèlerinage et d’un hommage prend pour le lecteur la forme d’une balade littéraire entre Lisbonne, Venise et Paris. Les anecdotes sont nombreuses, les extraits des livres de Tabucchi aussi, de sorte qu’on est immergé dans la pensée de l’écrivain dont Roberto Ferrucci nous explique pourquoi elle est plus que jamais d’actualité. Dans ce voyage à travers le temps, peu importe la chronologie, car on ne commande pas à la mémoire, les souvenirs arrivent d’eux-mêmes. Une phrase revient d’ailleurs comme un leitmotiv pour illustrer cette idée. Roberto Ferrucci dit l’avoir lue chez Tabucchi, sans n’avoir jamais réussi à savoir où exactement : « Les histoires ne commencent pas et ne finissent pas, elles arrivent. »


Lire Antonio Tabucchi

En résumé, la sensibilité du regard de Roberto Ferrucci (l’attention si particulière qu’il accorde aux gestes, par exemple) mêlée à son admiration pour le grand écrivain font de Ces histoires qui arrivent non seulement un voyage littéraire européen tout en apesanteur, mais aussi la plus belle des invitations à lire – ou relire – Antonio Tabucchi.

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #9 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #9

🇫🇷 Dans Babelio.com est sortie cette chronique de Evlyne Leraut (voici le lien), là où on parle d’un chef-d’œuvre et d’un éditeur qui se place déjà à côté des grands. Merci à Babelio e a Evlyne Leraut. 

🇮🇹 Sul portale letterario Babelio.com è uscita questa recensione di Evlyne Leraut (ecco il link), laddove si parla di capolavoro e di un editore che sta già insieme ai grandi. Grazie a Babelio e a Evlyne Leraut. (Non ho avuto il tempo di tradurlo, mi dispiace).

Ces histoires qui arrivent à la Libraire L’Écume des Pages, à Paris, juste à côté de Beppe Fenoglio, romancier que j’adore et de Kazuo Ishiguro, Prix Nobel 2017. (photo de L.M.)

🇫🇷 Ces histoires qui arrivent subrepticement, entrelacs littéraires, touchent le lecteur, comme si d’un seul coup, Lisbonne était l’encre de ses yeux. Roberto Ferrucci rend hommage à la noblesse nourricière des mots d’Antonio Tabucchi. Le périple voyageur de Roberto Ferrucci dans une Europe de puissance verbale est l’aurore naissante, une plénitude de reconnaissance pour Antonio Tabucchi. Le lecteur sait qu’il reçoit page après page, les regards tournés vers le mot qui délivre de l’injustice et cette merveille d’écriture renforce la sociologie politique de ces histoires qui arrivent en pans de lumière. Traduites avec perfectionnisme par Jérôme Nicolas, ce récit reçoit la force commune des maîtres d’une littérature de haute voltige. On se prend à vouloir tout lire d’Antonio Tabucchi, de Roberto Ferrucci et les traductions de Jérôme Nicolas. On rêve de rencontrer Tirsa, de monter dans le tramway numéro 28. « Oui, quand je me demande comment Tabucchi aurait réagi à l’attentat de Charlie Hebdo, du Bataclan, ou au Brexit, aux populismes qui traversent l’Europe, je sais que ses réponses sont dans ses livres. » Que cette collection « Fictions d’Europe » est belle ! Digne et prometteuse de mots de gloire et de portée fraternelle !! Le lien fusionnel est renforcé par cette richesse commune, de ces histoires passerelles qui arrivent. Ce liant entre la littérature et la compassion pour un monde à rendre meilleur est levier. Cette envergure littéraire est matière et prouve combien les éditions « La Contre Allée » sont dans la cour des Grands. Cet écrin de beauté, ce livre passeur, au concept étudié avec art jusqu’au code barre en forme de tramway ne laisse rien au hasard, et c’est une chance pour le lecteur. Bien plus que cela, Ces histoires qui arrivent sont des petits pains au devenir multitude. Le lecteur est fier d’avoir reçu en héritage livresque ce récit et sait qu’en filigrane lui aussi reçoit « de ces tapes chaleureuse, précieuses. » Ces histoires qui arrivent sont chef-d’oeuvre, elles sont l’intériorité des humanistes de ce monde, elles sont la plus délicieuse rencontre avec le paroxysme littéraire. Elles sont le respir d’une Europe formidablement palpitante. Elles sont des modèles éclairants. Ce livre devient mémoriel, majeur, indispensable. A lire d’urgence.

Evlyne Leraut

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #8 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #8

Questa pagina del diario è per i miei amici lettori italiani. Veneziani in particolare. L’articolo scritto da Fabio Bozzato e pubblicato oggi dal Corriere del Veneto, che presenta il libro e introduce l’incontro di questa sera, venerdì 27 ottobre 2017, alle 18 e 30 al Caffè Ogio, in Campo dei Gesuiti, dove dialogherò col presidente della Municipalità, Giovanni Andrea Martini. Leggerò (in italiano), alcune pagine di Ces histoires qui arrivent.







Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #7 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #7

🇫🇷 De Ces histoires qui arrivent, Éditions La Contre Allée:

🇮🇹 Da Ces histoires qui arrivent, Éditions La Contre Allée:

🇫🇷 Prendre le tramway numéro 28, à Lisbonne, c’est – je me répète – comme prendre le vaporetto numéro 1 à Venise. L’un comme l’autre la proie de touristes et d’habitants, mais nous, le 1, nous le prenons continuellement, nous traversons Venise sur le Grand Canal malgré le chaos, malgré les attentes, eh bien voilà, nous sommes dans le 28, prêts à traverser une Lisbonne étincelante (Pereira prétend avoir fait sa connaissance par un jour d’ été. Une magnifique journée d’ été, ensoleillée, venteuse, et Lisbonne qui étincelait), à la traverser comme deux touristes, engloutis par le tourisme de masse ici comme à Venise, voilà, mais qui voudraient être des habitants, au moins pour quelques jours. Y habiter comme Antonio Tabucchi l’a fait dans beaucoup de villes d’ Europe, y vivre, conscients nous aussi du fait que, comme il aimait à le répéter, poser les pieds sur le même sol pendant toute sa vie peut provoquer une dangereuse équivoque, nous faire croire que cette terre nous appartient, comme si elle n’était pas prêtée, alors que tout est prêté dans la vie.

🇮🇹 Prendere il tram 28, a Lisbona, è – di nuovo – come prendere il vaporetto numero 1 a Venezia. Entrambi preda di turisti e di residenti, ma noi l’1 non smettiamo di prenderlo, attraversiamo Venezia lungo il Canal Grande nonostante il caos, nonostante le attese, e allora eccoci qui, sul 28, pronti ad attraversare una Lisbona sfavillante (Sostiene Pereira di averlo conosciuto in un giorno d’estate. Una magnifica giornata d’estate, soleggiata e ventilata, e Lisbona sfavillava.), attraversarla come due turisti, inghiottiti dal turismo di massa qui come a Venezia, sì, che però vorrebbero essere residenti, almeno per qualche giorno. Risiedere come ha fatto lui, Antonio Tabucchi, in tante città d’Europa, viverle, consapevoli anche noi che, come lui amava ripetere, posare i piedi sul medesimo suolo per tutta la vita può provocare un pericoloso equivoco, farci credere che quella terra ci appartenga, come se essa non fosse in prestito, come tutto è in prestito nella vita.

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #6 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #6

🇫🇷 Et la première photo ne pouvait qu’arriver de Saint-Nazaire, une ville que j’ai dans mon cœur. De la plage sur l’océan. Merci à ma chère amie Catherine Musseau, qui a acheté Ces histoires qui arrivent dans la librairie L’Embarcadère.

🇮🇹 E la prima foto non poteva che arrivare da Saint-Nazaire, una città che porto nel cuore. Dalla spiaggia sull’oceano. Grazie alla mia cara amica Catherine Musseau, qui a acheté Ces histoires qui arrivent dans la librairie L’Embarcadère. 

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #5 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #5

🇫🇷 Ces histoires qui arrivent, arrivent en librairie aujourd’hui. Je veux remercier avant tout Jérôme Nicolas, le traducteur que depuis toujours transforme mes livres dans la belle langue française. Benoît Verhille, mon éditeur, que un jour de février m’a appelé pour me proposer d’écrire un livre pour la collection Fictions d’Europe et moi pour au moins deux minutes (j’étais dans le vaporetto numéro 1, en plein bruit) j’avais compris qu’il s’agissait d’une invitation à un colloque. Je dois le remercier surtout parce que il m’a fait découvrir que je peux écrire un livre en quelque mois et pas pendant des années, comme moi je fais d’habitude. Et aussi les autres amies du staff de La Contre Allée : Marielle Leroy, Anna Rizzello et Anna Fichet. Mon agent littéraire Fiammetta Biancatelli, qui me soutient depuis des années. Mais surtout, je dois remercier Antonio Tabucchi, et qui lira ce récit comprendra très bien pourquoi. Enfin, le plus grand remerciement à Maria José de Lancastre Tabucchi, qui nous a logés chez elle à Lisbonne et qui a été la première lectrice de ce livre, qui existe grâce à elle.

Merci aux libraires, j’en ai une liste des dizaines, mais je veux nommer Fortunato Tramuta, de la librairie Tour de Babel de Paris, qui m’a été introduit par Antonio Tabucchi, duquel il était un très cher ami.

Aux amis lecteurs qu’aujourd’hui ou dans les prochains jours irons chez leur librairie à acheter le livre, encore un grand merci et des plaisirs : m’envoyer des photos du livre en librairie, ou chez-eux, ou au café, ou dans le métro. Et, s’ils ont le temps, quelques mots après la lecture. Et donc, bonne lecture à tous.
🇮🇹 Ces histoires qui arrivent, arrivano oggi in libreria. Voglio ringraziare prima di tutto Jérôme Nicolas, il traduttore che da sempre trasforma i miei libri in quella bella lingua che è il francese. Benoît Verhille, il mio editore, che un giorno di febbraio mi ha chiamato per propormi di scrivere un libro per la collana Fictions d’Europe e io per almeno due minuti (ero a bordo del vaporetto linea 1, in pieno frastuono) ho creduto si trattasse dell’invito a un convegno. Devo ringraziarlo soprattutto perché mi ha fatto scoprire che sono in grado di scrivere un libro in qualche mese e non in anni come mi succede abitualmente. E anche le altre amiche dello staff de La Contre Allée: Marielle Leroy, Anna Rizzello e Anna Fichet. La mia agente letteraria Fiammetta Biancatelli, che mi sostiene da anni. Ma, soprattutto, devo ringraziare Antonio Tabucchi, e chi leggerà questo libro ne capirà bene il motivo. Infine, il più sentito ringraziamento è per Maria José de Lancastre Tabucchi, che ci ha ospitati a casa sua a Lisbona e che è stata le prima lettrice di questo libro, che esiste grazie a lei.

Grazie ai librai, ne avrei decine in lista, ma ne voglio nominare uno, Fortunato Tramuta, della libreria Tour de Babel a Parigi, e che mi è stato presentato da Antonio Tabucchi, del quale era un caro amico.

Agli amici lettori che oggi o nei giorni prossimi andranno in libreria a comprarlo, un sentito grazie anche a loro e dei piccoli favori: inviarmi delle foto del libro in libreria, o a casa loro, o al bar, o in métro. E, se ne avranno il tempo, qualche parola dopo la lettura. E allora, buona lettura a tutti. 

Le post de La Contre Allée ce matin sur sa page FB.

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #4 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #4

Canan Marasligil est une écrivaine, traductrice, éditrice d’origine turque qui vis à Amsterdam. Son site est http://www.cananmarasligil.net/. Elle a été un des premiers lecteurs de Ces histoires qui arrivent. Elle a publié ça sur son compte Instagram. 

🇫🇷 Lecture nocturne, avec le tout dernier de la collection Fictions d’Europe des Éditions La Contre Allée : Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono) de Roberto Ferrucci (traduit de l’italien par Jérôme Nicolas), et qui sortira en librairie fin octobre. Je ne suis qu’au début et j’aime déjà. Il me semble que c’est un texte urgent, nécessaire, et, dans lequel je me retrouve. Et, cerise sur cette belle lecture, Roberto Ferrucci était le premier traducteur en résidence D’un pays l’autre en 2016, j’ai eu la joie de suivre dans ce rôle en 2017 (je termine ma résidence ce week-end). Cette première photo est spécialement pour toi Roberto, peut-être reconnaîtras-tu cette lampe et le coin de ce miroir dans La Maison Bleue, notre chez-nous lillois. Certains lieux créent des moments magiques, tu ne trouves pas ?
Canan Marasligil è scrittrice, traduttrice, editor di origine turca che vive ad Amsterdam. Il suo sito è http://www.cananmarasligil.net/. È stata fra i primi a leggere Ces histoires qui arrivent. Ha pubblicato questo sul suo profilo Instagram.

🇮🇹 Lettura notturna dell’ultimo libro della collana Fictions d’Europe delle Éditions La Contre Allée: Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono) di Roberto Ferrucci (tradotto dall’italiano da Jérôme Nicolas), e che uscirà in libreria a fine ottobre. Non sono che all’inizio e mi piace già. Mi sembra si tratti di u; testo urgente, necessario, e nel quale mi ritrovo. E, ciliegina su questa bella lettura, Roberto Ferrucci è stato il primo traduttore in residenza D’un pays l’autre nel 2016, io ho avuto il piacere di seguirlo in questo ruolo nel 2017 (terminerò la mia residenza questo week-end). Questa prima foto è in particolare per te, Roberto, forse riconoscerai questa lampada e l’angolo di questo specchio a La Maison Bleue, che è un po’ casa nostra a Lille. Certi luoghi creano dei momenti magici, non trovi?


Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #3 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #3

🇫🇷 Extrait de Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono), Éditions La Contre Allée :

Sur la poitrine, la tape, c’était dans un autre jardin, celui de l’ abbaye de Fontevraud, quand nous avons dû retracer et combler tant d’années d’éloignement, quatre, peut-être cinq, et ce fut pam pam !, une double tape sur la poitrine suivie d’une embrassade. Deux soirs plus tard, dans ce jardin, à la fin du colloque que l’écrivain Patrick Deville, directeur de la MEET de Saint-Nazaire, avait organisé sur lui, la tape a fait suite à la décision de son traducteur, Bernard Comment, directeur de la collection Fiction & Cie du Seuil, de… (traduction de Jérôme Nicolas)

🇮🇹 Estratto da Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono), Éditions La Contre Allée:

Sul petto, la pacca, fu in un altro giardino, quello dell’Abbazia di Fontevraud, quando abbiamo dovuto ripercorrere e riempire troppi anni di lontananza, quattro, forse cinque, e fu un pamm pamm, una doppia pacca sul petto e poi l’abbraccio. Due sere dopo, in quel giardino, alla fine del convegno che lo scrittore Patrick Deville, direttore della MEET di Saint-Nazaire, aveva organizzato su di lui, la pacca fece seguito alla decisione del suo traduttore, Bernard Comment, direttore della collana Fiction & cie di Seuil, di…

Antonio Tabucchi et Bernard Comment à Fontevraud le 8 mai 2008 (foto robfer)

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #2 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #2

🇫🇷 Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono) c’est un livre de la collection Fictions d’Europe. Benoît Verhille de la maison d’édition La Contre Allée, m’a demandé en février 2017 si j’avais envie d’ecrire un livre pour cette collection. J’ai dit oui tout de suite. Après deux jours je lui ai envoyé trois hypothèses. Et encore quelque jours après je l’ai appelé. Lequel des trois as-tu choisi?, m’a-t-il demandé. La quatrième, j’ai répondu. Et le voici, le livre, comme il est résumé sur le revers de couverture:

Tout commence à Lisbonne, un trajet à bord du célèbre tram 28 mène le narrateur et sa compagne au cimetière où est enterré son ami, l’auteur italien Antonio Tabucchi. Il laisse un mot sur sa tombe, et c’est le prétexte pour revenir sur le cours de leur histoire commune. « Les histoires ne commencent ni ne finissent mais arrivent ». Cette phrase de Tabucchi est à la base du récit.
🇮🇹 Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono) è un libro della collana Fictions d’Europe. Benoît Verhille della casa editrice La Contre Allée, mi ha chiesto nel febbraio 2017 se avevo voglia di scrivere un libro per questa collana. Ho risposto subito di sì. Dopo due giorni gli ho mandato tre ipotesi. E qualche giorno dopo ancora l’ho chiamato. Quale delle tre hai scelto?, mi ha chiesto. La quarta, ho risposto. Ed eccolo, il libro, com’è presentato sul risvolto di copertina.

Tutto ha inizio a Lisbona, un percorso a bordo del celebre tram 28 conduce il narratore e la sua compagna al cimitero dove è sepolto il suo amico, lo scrittore italiano Antonio Tabucchi. Lascia un biglietto sulla sua tomba, ed è il pretesto per ritornare sul corso della loro storia comune. «Le storie non iniziano né finiscono, ma accadono». Questa frase di Tabucchi sta alla base di questo libro.

Quando lo si presenta, si dice di Antonio Tabucchi che è il più europeo degli scrittori italiani. Ha vissuto in tre paesi differenti, l’Italia (è nato nel 1943 a Vecchiano, vicino a Pisa), il Portogallo (Lisbona, la città di sua moglie, Maria José de Lancastre) e la Francia (Parigi), in un va e vieni continuo.

Aspetto indiscutibile della sua bibliografia, l’Europa è sempre presente nei suoi libri (saggi, reportages, articoli). Tabucchi ne criticava la deriva economica, non amava l’Europa delle banche e percepiva l’assenza di un’Europa che prima di tutto ha bisogno di valori, di diritti. Evocando la loro amicizia, Roberto Ferrucci traccia un ritratto intimo di uno dei più grandi protagonisti della cultura europea.

Journal de la sortie de Ces histoires qui arrivent #1 – Diario dell’uscita di Storie che accadono #1

🇫🇷 Je reprends une idée de mon ami Jean-Philippe Toussaint, qui pour la sortie de son dernier livre Made in China (Minuit), a publié un journal de la sortie sur Facebook. Je m’excuse pour les fautes de mon français, qui n’est pas ma langue maternelle (et je n’ai aucune envie de contrôler mots par mots dans le dictionnaire qui, par contre, il ne marche plus avec l’upgrade de IOS 11 et il faut que je trouve une solution).

Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono), traduit par Jérôme Nicolas, est arrivé il y a quelques jours chez les bureaux de La Contre Allée. En librairie il arrivera le 24 octobre. Pas des séances de dédicaces pour le moment (et je m’excuse avec tous les amis qui vont le recevoir sans aucun mots manuscrits), mais je vais le faire en novembre, quand je reviendrai en France.

🇮🇹 Copio un’idea del mio amico Jean-Philippe Toussaint, che per l’uscita del suo ultimo libro Made in China (Minuit), ha pubblicato un diario dell’uscita su Facebook. Mi scuso per gli errori del francese, che non è la mia lingua madre (e non ho voglia di controllare parola per parola sul dizionario che, fra l’altro, non funziona più dopo l’upgrade a IOS 11 e devo trovare una soluzione).

 Ces histoires qui arrivent (Storie che accadono), tradotto da Jérôme Nicolas, è arrivato negli uffici della casa editrice La Contre Allée. Sarà in libreria dal 24 ottobre. Niente dediche per il momento (e mi scuso con tutti gli amici che lo riceveranno senza nessuna mia parola manoscritta), ma lo farò in novembre, quando ritornerò in Francia. 

Perle fucsia, anzi no. Perle veneziane. 

Questo mio articolo è uscito l’1 settembre sul Corriere del Veneto. Finalmente si parla di Venezia e dei veneziani, di come siano in grado di offrire – loro sì – delle perle alla città.

Quest’anno la Mostra del Cinema è iniziata con un giorno di anticipo, ma non al Lido. La vera inaugurazione è stata in Campo San Polo il 29 agosto, con la proiezione di un indimenticabile film veneziano, Yuppi du, di Adriano Celentano, davanti a duemila spettatori. No, non è ricominciata la rassegna di cinema all’aperto, inventata qualche decennio fa da Roberto Ellero e che riempiva ogni sera, d’estate, l’arena di Campo San Polo. No ghe xe schei, direbbe qualcuno a Ca’ Farsetti. I veneziani, però, grazie alla Municipalità e al Gruppo 25 Aprile, i soldi li hanno trovati, anche se solo per una sera. Li hanno tirati fuori di tasca propria, per dimostrare che la residenzialità ha ancora un senso, che di veneziani che hanno voglia di fare e essere comunità ce ne sono tanti. È ancora una volta il cinema e cioè il sogno, la fantasia, la creatività, l’invenzione, il talento a indicarci possibilità alternative, opposte a quel mostro che sembra stia per inghiottire per sempre la città: il turismo di massa. E questa volta il sogno, la fantasia, la creatività, l’invenzione, il talento non stavano solo sullo schermo. Forse, questa volta ce n’era di più davanti allo schermo di San Polo, erano i duemila arrivati lì con le seggioline di casa, a rivendicare un’appartenenza, a voler resistere in una città che è stata, è, è sarà la città dell’invenzione e della fantasia (e bisogna ricordarlo ogni volta, allora, l’Italo Calvino delle Città invisibili, con una provocazione-sfida: e se le soluzioni ai problemi di Venezia fossero già tutte dentro a quel libro?). Il cinema è ovunque, in questi giorni, in città. Oltre a San Polo, la proiezione all’Arsenale di Dunkirk, a dimostrazione di quale risorsa inestimabile sia per Venezia questo luogo, che la Biennale già riempie ogni anno di cose meravigliose. E poi la Mostra del Cinema. La Mostra è una boccata di ossigeno, e non solo per i commercianti del Lido. È una boccata di ossigeno per la città intera. Arriva puntuale, a chiudere l’estate, a raddolcirne la fine, e l’estate a Venezia è da troppi anni ormai sinonimo di atmosfera soffocante e non si tratta solo del clima. Venezia d’estate vive in una continua apnea da affollamento, è vittima di una oclofobia permanente e delle conseguenti polemiche infinite, prevedibili e, soprattutto, inutili. E allora per fortuna arriva il cinema a sovvertire l’andazzo.

La proiezione di Yuppi Du in Campo San Polo è stata la dimostrazione – dal basso – di come tanti veneziani abbiano una visione del termine cultura diversa da quella dell’amministra comunale. Una cultura pur sempre pop, sì, ma di diversa fattura e fruizione, con gli spettatori co-protagonisti e non semplici “clienti”. Ripartire da San Polo, allora, e dalla Biennale, certo, che sempre più, sotto la gestione Baratta, si sparpaglia in giro per Venezia, a disposizione di tutti. Perché un giorno potremmo sorprenderci a scoprire che la vera rivoluzione è quella di mettere finalmente insieme cultura (cultura, non spettacolo) e turismo. Sta a vedere che la soluzione è tutta lì. I veneziani ci credono, consapevoli di essere essi stessi risorsa necessaria e inestimabile di questa città. Una risorsa per invertire una deriva – direzione Disneyland – che a tutt’oggi sembra ineluttabile. Vedi mai che i pessimisti e gli incapaci, alla fine, non abbiano torto.

Perle fucsia a Rimini

Ad averlo saputo prima, allora avremmo davvero potuto chiedere a uno dei nostri vicini di tavolo al bar (ce n’è almeno uno in ogni bar di Venezia, soprattutto la mattina), uno di quelli che la sa sempre più lunga degli altri, che ha una soluzione per tutto, che è il gradasso della zona, quello che offre il giro di ombre per farsi ben volere. Avremmo potuto chiedere a uno di questi, nel 2015, di candidarsi a sindaco. Il risultato sarebbe stato lo stesso: avremmo avuto un sindaco ignorante, gradasso, megalomane, ma almeno non sarebbe stato un imprenditore pieno di conflitti d’interesse e, guarda un po’, almeno sarebbe stato veneziano e non della provincia di Treviso. Sì, perché dopo avere ascoltato le brillanti e dotte e soprattutto sensate dichiarazioni del sindaco Luigi Brugnaro al Meeting di CL a Rimini, l’imbarazzo e la vergogna di quei (pochi? tanti?) cittadini che un minimo di decenza etica l’hanno ancora conservata, ha davvero toccato vette inaudite. Ma lo avete visto? Perché non basta solo leggerle le sue dichiarazioni, e nemmeno ascoltarle, bisogna anche vedere come le dice, come gesticola, le smorfie del suo volto. Ha sempre il suo solito sistema, quello che da noi a Venezia chiamiamo “buttarla in vacca”. Mette lì la battutina idiota in dialetto veneto (non veneziano, perché lui non lo conosce), anche perché la lingua italiana la massacra a ogni frase, e con la sua risatina da bar sport liquida argomenti enormi, delicati, pericolosi. Per farla breve: fa il gradasso del bar. Quello che ha la risata più forte, quello che deve stare sempre al centro dell’attenzione e per farlo dice tutto il peggio, spesso senza nemmeno sapere che cosa sta dicendo, perché non ha gli strumenti umani e culturali per rendersene conto. Non avesse il ruolo istituzionale che ha, non se lo filerebbe nessuno, se non i compagni di tavolo la mattina, al bar. Sì, molti di noi si sono vergognati per lui, ieri. Grazie a lui tutti gli altri sindaci sono sembrati dei giganti istituzionali (e bastava guardare le reazioni del sindaco di Rimini, accanto a lui, a ogni sua parola fuori luogo, sbagliata, imbarazzante), salvo l’ineffabile Nardella, che, è noto, con Brugnaro si diverte un sacco. Io di dubbi non ne avevo fin da quando si è candidato: questo tizio manderà definitivamente Venezia alla sua fine già scritta, già segnata, già evidente. Ancora un sentito grazie a tutti coloro (il 26% degli aventi diritto di voto) che lo hanno eletto. E soprattutto a tutti quelli che quel giorno (“perché tanto i xè tuti precisi”) non sono andati a votare. Grazie, grazie, grazie.

Un ferragosto del secolo scorso

Che fai oggi, mi chiedono. Oggi che è ferragosto. E io, a ferragosto scrivo. Devo averlo fatto anche il giorno di ferragosto del 1993. Se non ricordo male, devo avere scritto questo reportage dalla Biennale Arte, che uscì poi sulle pagine culturali di Mattino di Padova, Tribuna di Treviso e Nuova Venezia. Era da poco uscito il mio primo romanzo, Terra rossa
Venezia in agosto non è poi così vuota di veneziani. O meglio, dei pochi veneziani ancora residenti a Venezia, sono parecchi quelli rimasti in città nel mese di agosto. E per chi è rimasto, il problema da cui difendersi è – guarda un po’ – il gran caldo. Niente di strano, è vero, ma l’umidità, qui, è davvero imbattibile, capace di arrivare alle 17 di un pomeriggio qualsiasi al 90% con 33 gradi di temperatura. Un po’ come vivere in un acquario, insomma.
E allora, come affrontarla una giornata così? Innanzi tutto c’è il Lido, la spiaggia dei veneziani, e c’è chi ha la barca oppure, a casa, il condizionatore, e allora, niente di meglio che starsene lì, davanti alla televisione e ai campionati mondiali di atletica leggera (conosco uno che per colpa dell’aria condizionata, si è innamorato della giavellottista norvegese Trine Hattestad, forse un po’ troppo massiccia nel fisico – è pur sempre una lanciatrice – ma dal viso d’angelo, dice il mio amico, che già pensa a un viaggio in Norvegia).

Poi, la sera, ci sono due mete diventate rituali: il cinema all’aperto di Campo Sant’Angelo e il ritrovo poi nei quattro bar di Campo Santa Margherita. In uno di questi, il Caffé di Renzo Ballarin – diventato ancora più celebre in città dopo la sua apparizione a “Il rosso e il nero” durante l’occupazione della facoltà di architettura la primavera scorsa e dove una sua affermazione sul ’68 è stata commentata in studio da Santoro e D’Alema – in questo bar, dicevo, alcune serate sono dedicate a letture di poesia, con la presenza dei poeti locali. L’appuntamento più affollato è stato quello con la porno-poetessa Lucia Lucchesino, famosa per avere avuto una parte in uno dei film di Tinto Brass. Quale? Boh, uno dei soliti fra gli ultimi cinque sei sette.

Insomma, si passa qualche ora al bar, si beve e si chiacchiera, cercando di andare a dormire il più tardi possibile. E per chi abita a Mestre, poi, c’è un appuntamento finale, quello con gli ultimi autobus in partenza da Piazzale Roma: tutti fuori dalla vettura a boccheggiare, autista compreso, in attesa della partenza: l’umidità a quest’ora, è sempre intorno al 90%.

Venezia d’estate, però, ha qualche altra variante a disposizione, ma si tratta di itinerari preda soprattutto dei turisti. La Biennale Arte, per esempio, potrebbe essere visitata o rivisitata proprio in questo periodo, non fosse che il suo orario di apertura coincide – purtroppo – con le ore più calde della giornata: 11-18. Veneziani forse a settembre, allora. Ma chi è che si avventura in pieno agosto fra i padiglioni dei Giardini di Sant’Elena? Sono andato a vedere. Un sabato d’agosto, vaporetto pieno di turisti alle 14, temperatura 30 gradi, umidità 83%.

Alla biglietteria espongo subito una mia curiosità: “C’era qualcuno di voi quando, il 1° luglio, sono venuti Bono e The Edge?” Un ragazzo risponde subito che lui era lì, che il cantate e il chitarrista degli U2 si sono prersentati alla biglietteria come due visitatori qualunque, hanno pagato le loro 10.000 lire (non come me che ho esibito l’accredito dell’inaugurazione scaduto da due mesi, ma, gentili, me l’hanno subito rinnovato) e sono entrati insieme a due ragazze e due guardie del corpo che li accompagnavano. Chiedo anche se c’è qualcuno che li ha guidati fra i padiglioni e mi dice di parlare con Lorenzo Cortesi. Dentro, incrocio uno che ha un foglio bianco in mano ed è proprio lui. Poi, appena nominati gli U2, gira verso di me il foglio bianco, una foto dove si vedono Bono e The Edge con due guardasala e il giovane con cui sto parlando. Mi invita nel suo ufficio e mi racconta di quel giorno, la vigilia della parte italiana dello Zoo TV Tour. È da un po’ che penso che Bonito Oliva abbia sbagliato a non invitarli come espositori, il palco allestito da Brian Eno è senz’altro all’altezza (se non di più) di tante opere presenti qui. Ma è una considerazione che tengo per me. 

Mi rendo conto soltanto adesso di avergli chiesto poco: né l’ora in cui sono arrivati, né quanto sono rimasti, né quali padiglioni hanno preferito; ma del resto, proprio per questo non ho mai fatto il cronista. Così, l’unica richiesta sensata è stata quella di sapere se c’era qualcuno che aveva parlato un po’ più a lungo con i due. Mi indica uno dei due guardasala, una ragazza dai capelli lunghi che, anche se di profilo, penso di riconoscere, convinto di averla vista chissà dove. “Lavora al padiglione Venezia”, mi dice e qui, altra pecca del cronista, non ho il coraggio di dirgli che non so quale sia, il padiglione Venezia. Lo troverò. (E invece no, e nemmeno lei). Saluto, ringrazio ed esco. 

Comincio a girare fra i padiglioni e noto che di gente ce n’è, anzi, che, sparpagliati in giro, ci sono “tutti” quelli che ci devono essere: la comitiva di giapponesi che fotografa anche le panchine, studenti in vacanza, anziane e documentatissime anziane signore americane che sanno tutto di Louise Bourgeois, qualche famiglia al completo che si guarda intorno perplessa. Insomma, nonostante temperatura, umidità, tentazioni da spiaggia a una fermata di vaporetto da qui, alla Biennale di gente ce n’è e del resto me lo aveva detto Cortesi che l’unico calo di visitatori era stato dopo le bombe di Roma e Milano, ma che adesso tutto era tornato normale. Il fatto è che per me non è per nulla normale venire qui in un pomeriggio così. Ma forse non ho la stessa “passione” di quelli che girano da queste parti. O, meglio, sono un privilegiato che può venirsene qui (e gratis) quando vuole e non è di passaggio a Venezia soltanto oggi. Già, vero.

Ma è anche vero comunque che i luoghi più affollati sono – guarda caso – il bar riparato da alberi e ombrelloni e il padiglione israeliano, dove un artista di cui non ricordo il nome ha allestito una serra con piante di cetrioli e – soprattutto – con una grande vasca dove, dall’alto, scroscia una vera e propria cascata d’acqua. Non riuscirei a dire quale sia il valore artistico di tale allestimento, non ne ho le competenze, posso però dire che starsene seduti lì davanti a quella cascata per una mezz’ora è stato davvero tonificante.

Quando finisco il giro dei padiglioni (penso sia giusto segnalare ai responsabili che la pavimentazione distrutta di quello tedesco è sempre più scarsa, i pezzi credo finiscano nelle borse e nelle tasche di molti visitatori, un po’ come il muro di Berlino) è già abbastanza tardi. Rinuncio alle Corderie e tento di raggiungere i Granai alla Giudecca per rivedere (e ascoltare) Cage, Wenders e Wilson. Fra traghetti e un breve ma necessario ristoro – durante il quale mi domando perché non si dipinga più e soltanto i giovani della Fondazione Bevilacqua La Masa continuino a farlo, anche qui alla Biennale, Maria Teresa Sartori, per esempio, o Luca Clabot – arrivo davanti che è già chiuso. Ma lì, alla Giudecca, c’è una galleria che resta aperta fino alle 20, la Nuova Icona di Vittorio Urbani, che espone le opere di uno dei più interessanti artisti presenti alla Biennale. Così, mentre soffia qualcosa che assomiglia a una specie di brezza, decido di andare a rivedermi le opere di Nagasawa. Poi raggiungerò quel mio amico al Caffè, per chiedergli se ha intenzione di andarci da solo in Norvegia a trovare Trine Hattestad.

Com’è bella Saint-Nazaire

Da quasi una decina d’anni – dal febbraio 2008 – frequento Saint-Nazaire. Ero stato invitato dalla Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs  per una residenza di scrittura di due mesi. Mi sono innamorato di una città che non ha nessuna delle classiche attrattive: la storia, l’arte, la natura (anche se l’estuario della Loira…). È una delle poche città di cui ho subito captato l’anima, la fragranza, il sentimento ed è diventata protagonista di due miei libri, Sentimenti sovversivi e Venezia è laguna. Ci ritorno appena posso, grazie all’ospitalità di nazairiens che sono diventati dei cari amici. Anche a luglio ci ho trascorso due settimane, e ovviamente con me si cercava di parlare di due argomenti: della Fincantieri e di Claudio Ranieri, nuovo allenatore del Nantes, città che sta lì a due passi. Preferivo il secondo argomento, al primo. Non avevo nessuna voglia di identificarmi con la Fincantieri e infatti – lo dico con chiarezza e dopo aver parlato con molti che lavorano nei cantieri navali di Saint-Nazaire – io sto con i francesi, proprio perché non si tratta di una partita di calcio fra nazionali. Così, al mio ritorno, per la prima volta ho sentito tutti (tv, giornali, opinione pubblica) parlare – spesso a vanvera – di Saint-Nazaire. E ho scritto il seguente articolo per il Corriere del Veneto, uscito domenica 30 luglio 2017. 

Dal Corriere del Veneto del 30 luglio 2017.



Da qualche giorno noi italiani siamo venuti a sapere che in Francia c’è una città, Saint-Nazaire, che è al centro di una disputa tra Francia e Italia sul controllo dei suoi prestigiosi cantieri navali. Questo sappiamo. In effetti, Saint-Nazaire non è uno di quei luoghi messi in evidenza nelle guide turistiche. Di turistico non ha molto, ed è proprio questo a essere uno dei pregi della città. Una città-sentimento, distrutta e poi ricostruita dagli americani nella Seconda Guerra Mondiale, che non possiede soltanto il porto. C’è una spiaggia di quasi tre chilometri in pieno centro, con un lungomare larghissimo dove poter correre in bicicletta, in roller, fare jogging o semplicemente passeggiare respirando quell’aria a noi sconosciuta: quella dell’Oceano Atlantico. Per l’intera estate, lì sul lungomare, è parcheggiato un grande furgone tutto vetri: è una biblioteca, fornitissima e con la coda all’entrata, soprattutto bambini, perché Saint-Nazaire è anche una città letteraria. Da trent’anni infatti vi opera la Meet, Maison des Écrivains Étrangers et de Traducteurs, diretta dallo scrittore Patrick Deville, una residenza per scrittori che ogni anno ospita per un mese o due, dai cinque ai sei autori del mondo intero. La Meet è anche una casa editrice bilingue e nella sua collana ha pubblicato decine e decine di romanzi, racconti e poesie che hanno fatto di Saint-Nazaire una delle città più narrate al mondo. A novembre vi si svolge il Meeting, un festival che ogni anno ospita due città letterarie, e proprio nel 2016 è toccato a Venezia, con l’invito di alcuni scrittori veneti prima a scrivere della propria città per una raccolta, poi a intervenire al festival.

Della diatriba in atto fra governo francese e governo italiano sappiamo già tutto, ma non sappiamo perché tutti gli abitanti di Saint-Nazaire abbiano gioito alla decisione di Macron di nazionalizzare i cantieri. Qua in Italia abbiamo subito pronunciato quel termine che ci rende i francesi così antipatici: sciovinismo. Errore. Qui si tratta di qualcosa di ben più profondo. Al di là dei pareri di chi lavora nei cantieri e dei sindacati (è diffusa la preoccupazione che Fincantieri decentralizzi il lavoro in Cina, per esempio), e al di là di chi legge in questa decisione una lotta tutta italiana fra Msc Crociere (Gianluigi Aponte, il patron di Msc, dichiarò nel giugno scorso a Le Monde che avrebbe fatto di tutto per evitare che Fincantieri entrasse in possesso dei cantieri), quello che non solo noi italiani ignoriamo, ma che ci è del tutto estraneo, è il rapporto che gli abitanti di questa città di oltre settantamila abitanti hanno con i loro cantieri. La costruzione di una nave richiede mesi e mesi di lavoro, anni a volte, e ogni tappa è scandita dalla stampa locale e, di conseguenza, dai nazairiens. Ciascuno di loro, giovani e meno giovani, poco importa quali siano le competenze, gli studi, conoscono a menadito ogni fase. Le uscite di ogni nave, anche quelle di prova, fanno accorrere i nazairiens lungo le rive ad assistere e a celebrare un risultato che è sentito come se fosse il lavoro di tutti. Quindi no, non si tratta né di sciovinismo né di nazionalismo, perché fra l’altro, sono decine le nazionalità di chi è impiegato nei cantieri di Saint-Nazaire. È un rapporto profondo e sentito, riconoscenza e condivisione, che noi ignoriamo: avete mai visto, a Monfalcone o a Porto Marghera, folle di abitanti accalcarsi alle rive per salutare il varo di una nave, il compimento di un lungo lavoro? Mai. Questo è quel che sta accadendo a Saint-Nazaire. Il timore di perdere non soltanto il lavoro, ma il sentimento collettivo che, da sempre, lo contraddistingue. Non è un caso che per il centenario dello sbarco degli americani durante la Prima Guerra Mondiale, il sindaco David Samzun abbia fatto di tutto per riavere a Saint-Nazaire la Queen Mary 2, fiore all’occhiello della cantieristica locale. Un evento che ha portato sulle rive della città migliaia e migliaia di francesi. Che, oggi, hanno paura di perderlo, questo sentimento unico e prezioso. A noi del tutto sconosciuto. 

Genova, 20 luglio 2001

Oggi, sedici anni fa, il 20 luglio 2001, in Piazza Alimonda a Genova veniva ucciso Carlo Giuliani. Una morte che non ha mai avuto giustizia, come tante nella storia recente del nostro paese. In quei giorni ero a Genova, per i Quotidiani del Gruppo Espresso, che volevano uno scrittore che li raccontasse. E il 20 luglio seguivo il corteo delle Tute Bianche, al quale si unì anche Carlo Giuliani. Come ogni anno, in questa data, pubblico un estratto da Cosa cambia, il romanzo che ho scritto, pubblicato nel 2007 da Marsilio. Questa volta, tocca alle pagine su Carlo, che furono le più delicate, le più difficili da scrivere. Pagine che fin da allora, ho dedicato alla madre di Carlo, Haidi Giuliani. Che abbraccio.



Altra vibrazione, Maurizio, il segretario di redazione che arrivava giusto in tempo perché l’articolo chiudesse con le informazioni necessarie. Lo stavo finendo nonostante la tastiera avesse un paio di tasti fuori uso a causa dell’onda. Mi arrangiavo con la tastiera virtuale sullo schermo. Tic, tic, tic col pennino di plastica che trovava le lettere picchiando su piccoli e precisi quadrati disegnati sul display. Fra poco, bluetooth, gprs e tutto il resto lo avrebbero fatto arrivare fino al computer di Maurizio che mi dettò l’indirizzo di un sito e mi disse di andarle a vedere quelle foto. Subito.

Immaginate ora un pomeriggio torrido. Caldo, incessante, fin dal mattino. E immaginate una piazza, una qualunque delle tante che trovate nelle città di questa nazione, una piazza non troppo grande, chiusa, e la chiesa, naturalmente. E immaginatevi, ripeto, un pomeriggio torrido. Quel venerdì pomeriggio. Immaginatevi un corteo – autorizzato – tenuto sotto assedio da almeno tre ore. E poi l’aria. Aria calda, afosa, irrespirabile per l’odore dei gas, incessante, anche quello, da ore. Chi può protegge il volto, lo copre. Impossibile resistere senza. E allora va bene tutto, sciarpe, maschere, occhiali da sole magari protetti ai lati da fazzoletti meglio se bagnati, berretti calcati fin dove possibile. E passamontagna, anche, come quello blu scuro, che indossa quel ragazzo in canottiera bianca, capitato anch’egli nella trappola della piazza circondata da tutti i lati. Immaginatevi dunque – non foste ancora riusciti a farlo – un’aria resa irrespirabile fin dal mattino ed è già quasi sera, ore e ore con i polmoni che bruciano, la pelle che brucia, gli occhi che bruciano, e poi il caldo, la rabbia, il terrore. Provateci, per favore, prima di guardare queste foto.

Terza sequenza

Foto 1.jpg. Dal finestrino posteriore della camionetta blu scura, il tetto bianco, viene lanciato fuori un estintore arancione. È sospeso a mezz’aria quasi al centro del finestrino, il vetro, sfondato, non esiste più. In alto nella foto, sulla sinistra, alcuni carabinieri in assetto antiguerriglia, dei robocop, maschere antigas e ogni altro tipo di protezione e di aggeggi da offesa, osservano. Sette manifestanti sono attorno alla camionetta, ma forse, per via della prospettiva schiacciata dal teleobiettivo, solo due sono davvero vicini. Uno con un caschetto di plastica giallo, una maglietta bianca e un salvagente arancione attorno al collo, che gli protegge il petto. Il secondo, quasi fuori quadro, sembra stia per sfondare il finestrino laterale di destra con una tavola di legno.

Foto 2.jpg. Quello con la tavola di legno sembra essere riuscito a romperlo, il vetro. Poco dietro di lui, un ragazzo biondo, giubbotto di jeans, è bloccato nel gesto di tirare un tubo. Più in primo piano, un ragazzo magro magro, col passamontagna blu e la canottiera bianca, ha la testa leggermente piegata in basso. Gli si vede solo il profilo degli occhi. Quello sinistro. Osserva l’estintore appena lanciato fuori dalla camionetta. Di fronte a lui, un ragazzo con la felpa grigia e il casco blu indica qualcosa davanti a sé. Forse la mano del ragazzo in divisa, che sporge leggermente dal finestrino e impugna una pistola. Più in basso, nitido, un altro ragazzo col casco blu volta le spalle al Defender (il nome della camionetta, scritto accanto alla grande ruota di scorta col cerchione bianco). Sembra stia uscendo di scena dopo aver visto la pistola spuntare netta, evidente, brillante, dal finestrino posteriore senza più vetro.

Foto 3.jpg. Il ragazzo con la felpa grigia corre fuori dalla fotografia, fuori dal tiro del ragazzo in divisa che ha ancora la pistola in pugno. Il ragazzo con la felpa grigia è bloccato in quel gesto, inequivocabile, che ti ritrae, quando scappi, con la gamba in avanti piegata, il corpo proteso, abbassato, le braccia aperte, l’una opposta all’altra, e la gamba dietro che tende tutti i muscoli possibili per slanciarti via, fuori quadro, fuori dal tiro della pistola che il ragazzo in divisa impugna col dito sul grilletto. Con quel movimento veloce, il ragazzo con la felpa grigia lascia libera e visibile la targa della camionetta: CC AE-217. Pochi centimetri più in là, il ragazzo col passamontagna blu non si accorge di nulla. È concentrato sull’estintore. È piegato verso l’asfalto e sta per sollevarlo, anche se si vede solo la parte bassa del suo corpo, i jeans, un pezzo di schiena, e poi, soltanto le mani che stanno per stringere ai lati longitudinali l’estintore. Chissà quanto pesa un estintore. È seminascosto da uno in bermuda verde scuro, quelli pieni di tasche, un giubbotto blu, un casco da scooter rosso bordeaux e in mano un pezzo di legno. Osserva come impotente. Fuori quadro, facile immaginarli, decine di carabinieri vestiti da robocop stanno invece osservando in modo diverso, come da spettatori quasi involontari.

Foto 4.jpg. Sì, dev’essere pesante, un estintore. I muscoli del ragazzo col passamontagna sono tesi mentre tiene all’altezza della bocca la bombola arancione. Il suo gesto è bloccato lì, in quell’istante che sembra dividersi a metà fra l’offesa e la difesa. Perché il ragazzo col passamontagna adesso non può non averla vista la mano del ragazzo in divisa sporgere leggermente dal finestrino. E anche la pistola ha visto. E la pistola, forse ha già sparato, perché il ragazzo che sulla destra ha rotto il finestrino laterale molla all’improvviso la tavola ed è girato ancora più a destra, lo sguardo verso la più prossima delle vie di fuga, e quello biondo, giubbotto di jeans, anche lui sta indietreggiando, ancora col tubo in mano ma appoggiato a terra. Sulla parete d’angolo, color sabbia, poco sopra la camionetta, appare per la prima volta la scritta, color argento, no more cops. Se il ragazzo col passamontagna blu fosse stato in grado di sollevare quell’estintore pochi centimetri più in su. Se gli altri uomini in divisa, fuori quadro, fossero passati dal verbo osservare al verbo che in tutti gli altri angoli di Genova hanno usato reprensibilmente, il verbo agire. Se qualcuno non avesse deciso di mandare dei Defender all’attacco, con dentro dei ragazzini di leva, se non avesse ordinato a camionette non blindate di fare scorribande in mezzo ai manifestanti resi esausti da ore e ore di assedio e di gas. Se.

Foto 5.jpg. Sì, il ragazzo in divisa ha sparato. Il ragazzo col passamontagna è stato colpito. Si vede l’estintore caduto ai suoi piedi. L’autista della camionetta deve aver ingranato la retromarcia, forse per fuggire, forse per passare sopra al corpo del ragazzo col passamontagna. Si vede la ruota posteriore sinistra che sta scaricando i quintali del Defender sul dorso del corpo forse ancora in vita che sta per essere girato su se stesso dalla pressione del pneumatico sulla schiena. Ora, dalla fessura del passamontagna, si vedono gli occhi. Sembrano chiusi. Il braccio destro piegato sul petto, il sinistro nascosto sotto al corpo. A sinistra dell’inquadratura, in basso, si vede un ragazzo con il casco rosso e la maglietta scura che sta scappando fuori della cornice inferiore della foto. Ha in mano un bastone. Un altro, con la maglietta rossa e un sasso in mano, sta correndo fuori dal quadro, verso destra.

Foto 6.jpg. Il corpo del ragazzo col passamontagna è sotto alla camionetta. Più o meno a metà fra la ruota anteriore sinistra e quella posteriore. Potrebbe sembrare un meccanico che sta riparando qualcosa, non fosse che i piedi, scarpe da ginnastica nere, in quella posizione lì, possono appartenere, adesso, solo a un cadavere. L’estintore è davanti alla ruota anteriore. In primo piano, le mani del ragazzo in divisa. La destra con la pistola ancora stretta. Calda, adesso. Due colpi in meno dentro al caricatore. La sinistra che sembra stringere qualcos’altro.

Foto 7.jpg. La ruota posteriore sinistra della camionetta è passata di nuovo sopra al corpo del ragazzo col passamontagna. La camionetta è lontana già un paio di metri. Se ne sta andando. Dall’angolo superiore della foto, gli altri robocop in divisa che hanno fatto da spettatori, se ne vedono nove, hanno ora il passo aperto in direzione del corpo del ragazzo col passamontagna, steso con le gambe allargate. Gli occhi girati verso la camionetta. Verso le mani ancora visibili del ragazzo in divisa, che lo ha ucciso.